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Financer un séjour linguistique en France pour une classe

Financer un séjour linguistique en France pour votre classe : c’est la première question que posera votre direction (« Qui paie ? »). Sur internet, les réponses vont de « Erasmus+ finance tout » à « il n’y a aucune aide ». Aucune des deux n’est juste. Il existe de vrais financements, mais il faut savoir lesquels, pour quel type de séjour et à quel moment les demander. Voici le tour d’horizon à jour en octobre 2026.

« Chaque étape contribue à transformer une opportunité de mobilité
en une véritable expérience d’apprentissage et d’ouverture européenne. »

Antonella T., enseignante et référente Erasmus+, lycée des Pouilles (Italie)

Financer un séjour linguistique avec Erasmus+ : la bonne nouvelle et le piège à éviter

La bonne nouvelle d’abord : Erasmus+ ne concerne pas que les étudiants. Les écoles, collèges et lycées peuvent aussi obtenir des fonds européens pour envoyer des groupes d’élèves à l’étranger, de 2 à 30 jours.

Le piège maintenant : pour une mobilité de groupe, Erasmus+ demande que les élèves soient accueillis dans une école, et non dans une école de langues. Le programme doit être construit à deux : votre école et l’école partenaire en France. Le groupe doit travailler avec des élèves de cette école, et vos enseignants accompagnent le groupe pendant tout le séjour. Un séjour composé surtout de cours de français « prêts à l’emploi » achetés à un prestataire n’entre donc pas dans ce cadre.

Cela ne signifie pas qu’aucun financement n’existe : selon votre pays, d’autres dispositifs nationaux financent des séjours à l’étranger. C’est le cas en Italie, où des classes partent chaque année en France. C’est l’objet de la section suivante.

Pour financer un séjour linguistique avec Erasmus+, il faut donc choisir la bonne voie avant de bâtir le séjour.

Séjour linguistique à Paris : plan de la ville tenu devant la basilique du Sacré-Cœur

Financer un séjour linguistique en France depuis l’Italie : de PCTO à FSL

Séjour linguistique à Paris : groupe de visiteurs devant l’Arc de Triomphe

Si vous enseignez en Italie, vous avez peut-être remarqué que le PCTO a changé de nom : depuis l’année scolaire 2025/26, on parle de Formazione Scuola-Lavoro (FSL). Les heures minimales restent les mêmes : 90 pour les licei, 150 pour les istituti tecnici, 210 pour les istituti professionali.

Deux dispositifs nationaux ont financé ou financent des séjours à l’étranger :

  • Le PNRR (le plan de relance italien). L’appel à projets n. 121362 soutient des parcours de PCTO tournés vers les sciences et le multilinguisme, en Italie ou à l’étranger, pour les istituti tecnici et professionali.
  • Le plan « Gli studenti italiani in Europa » (fonds européens FSE+, appel MIM n. 167911). Avec 420 millions d’euros, il vise au moins 150 000 élèves de 4e année du secondaire supérieur. Chaque école peut obtenir jusqu’à 160 000 € (jusqu’à 500 élèves) ou 200 000 € (au-delà). La première fenêtre s’est fermée le 27 juillet 2026, et les activités doivent s’achever avant octobre 2027.

Dans la pratique, les lycées financés s’adressent à une agence italienne, qui contacte ensuite Vacances Actives Linguistiques pour concevoir et organiser le séjour en France.

Trois portes d’entrée Erasmus+ (à titre d’information)

Pour comprendre le paysage, voici les trois façons d’aller en France avec Erasmus+. Chacune a sa logique.

  1. L’échange entre deux écoles : votre classe prépare un projet avec une classe française et se rend sur place pour le mener ensemble. Les visites culturelles sont possibles, à condition qu’elles s’intègrent au projet commun.
  2. Le séjour individuel de courte durée : un élève passe de 10 à 29 jours dans une école partenaire. Chacun a son programme personnel.
  3. La formation des enseignants : les professeurs peuvent suivre un cours de 2 à 10 jours, ou observer le travail d’une équipe pendant 2 à 60 jours. Les frais du cours sont pris en charge à hauteur de 80 € par jour et par personne.

Dans tous les cas, c’est votre établissement qui dépose la demande auprès de son Agence nationale Erasmus+.

Groupe de jeunes admirant la baie depuis un belvédère lors d’une sortie culturelle

Combien ça rapporte vraiment ?

Erasmus+ ne rembourse pas vos factures une par une. Il verse des montants fixes par élève, par kilomètre et par jour, appelés forfaits. C’est plus simple : vous n’avez pas à justifier chaque dépense.

Voici les repères du Guide du programme 2026 :

  • Organisation du projet : 100 € par élève
  • Voyage : un forfait selon la distance. Entre 500 et 1 999 km, comptez 417 € par personne en transport écoresponsable (train, bus…) et 309 € sinon.
  • Séjour sur place : de 48 à 85 € par jour et par élève pour la France. Votre Agence nationale fixe le montant exact.
  • Soutien à l’inclusion : 125 € par élève ayant moins d’opportunités (situation sociale, handicap…).

Un dernier repère : un projet « de courte durée » est limité à 30 participants et dure de 6 à 18 mois. Une même organisation peut en obtenir trois en cinq ans.

Le Guide du programme Erasmus+ 2026

Financer un séjour linguistique : calculatrice et documents pour établir le budget d’une classe

Le compte à rebours : quand lancer votre projet Erasmus+ ?

Les dates 2026 sont passées : le 19 février pour le premier tour des projets de mobilité, le 29 septembre pour l’accréditation (une reconnaissance qui permet de redéposer chaque année sans repartir de zéro). Certaines Agences nationales ouvrent aussi un second tour, avec une échéance au 1er octobre.

La prochaine étape est l’appel 2027, dont la publication est prévue en novembre 2026.

Notre conseil : n’attendez pas la publication de l’appel pour trouver votre école partenaire. C’est l’étape qui prend le plus de temps.

Calendrier sur écran pour planifier les échéances d’un projet de séjour scolaire

Et une fois le financement obtenu ? Le parcours d’un projet Erasmus+, de l’appel au rapport final

Décrocher la subvention n’est que le début. Antonella T., enseignante et référente Erasmus+ dans un lycée des Pouilles, résume le parcours d’un projet en six temps.

  1. L’appel à propositions : L’Agence nationale le publie. L’établissement en lit les priorités, analyse ses besoins et fixe les objectifs qu’il vise.

  2. La candidature : L’école construit son projet autour d’activités, de mobilités et de résultats attendus, puis le dépose dans les délais. Après évaluation, elle reçoit la confirmation du financement.

  3. La sélection des participants : L’école publie un appel interne pour les élèves, les enseignants et les autres personnels. Les candidats déposent un dossier selon des critères établis, et une commission choisit.

  4. La préparation : Les participants retenus sont informés des objectifs, des activités prévues, de l’organisation pratique et de leurs responsabilités.

  5. La mobilité : Les participants suivent les activités, développent de nouvelles compétences et découvrent d’autres systèmes éducatifs et d’autres cultures.

  6. Le retour : L’école assure le suivi et l’évaluation, partage les résultats avec la communauté scolaire et le territoire, puis prépare le rapport final destiné à l’Agence nationale.

 

Financer un séjour linguistique : liste à cocher pour préparer le dossier

Les aides régionales françaises : pourquoi elles ne vous concernent (probablement) pas

On trouve beaucoup d’articles qui listent les aides des régions et des départements français. Ces dispositifs (Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes…) existent bel et bien, mais ils sont réservés aux établissements français : ils financent les voyages de leurs propres élèves, pas l’accueil de groupes étrangers.

Pour compléter le budget d’un séjour linguistique de classe, quelques leviers valent partout : le budget de l’établissement, la participation des familles, les associations de parents d’élèves et le mécénat local. Ce ne sont pas des financements spectaculaires, mais ils comblent le reste à charge.

Séjour linguistique à Paris : groupe de jeunes face à Notre-Dame depuis la Seine

Financer le séjour linguistique de votre classe : la checklist du dossier

Rassembler un dossier de financement a l’air intimidant, mais tout repose sur quelques pièces bien préparées. Voici la liste à cocher :

  • Projet pédagogique : objectifs linguistiques, acquis attendus, lien avec le programme de l’école
  • École partenaire en France et accord de coopération (pour Erasmus+ en groupe ou en individuel)
  • Programme du séjour : cours, visites, moments d’échange
  • Dates et durée, compatibles avec le calendrier scolaire et les délais de l’appel
  • Budget prévisionnel : ce qui est financé, ce qui reste à charge
  • Liste des accompagnateurs, obligatoires pendant tout le séjour
  • Plan d’inclusion si certains élèves rencontrent des obstacles financiers ou autres
  • Code OID : l’identifiant de votre établissement sur le portail européen, nécessaire pour toute candidature Erasmus+
  • Appel interne et commission de sélection des élèves, avec des critères connus à l’avance
  • Plan de préparation avant départ : objectifs, activités, aspects pratiques, responsabilités
  • Suivi, évaluation et rapport final, avec la diffusion des résultats dans l’école

Pour Erasmus+, l’établissement rédige lui-même sa candidature. Notre rôle est ailleurs : fournir le programme et le budget global du séjour, que vous pouvez joindre à votre dossier ou présenter à votre direction.

Vous êtes une agence qui organise des FSL ou PNRR en France ?

Vous organisez des séjours FSL (ex-PCTO) ou financés par le PNRR pour des lycées italiens ? Vacances Actives Linguistiques conçoit et organise le séjour en France pour vos groupes : programme et budget global du séjour, adaptés au projet présenté par le lycée.

Chaque établissement a son propre financement de séjour linguistique. Dites-nous lequel vous visez : nous vous indiquons ce que Vacances Actives Linguistiques peut organiser en France.

Foire aux questions

Erasmus+ peut-il financer un séjour linguistique pour ma classe ?
Pas un séjour de langue acheté tel quel à une agence. La mobilité de groupe d’élèves doit avoir lieu dans une école d’accueil, avec un programme construit avec l’école partenaire, et les programmes surtout composés de cours en école de langues sont exclus. Trois voies restent possibles : l’échange entre écoles, le séjour individuel de courte durée et la formation des enseignants.

Combien de temps dure une mobilité de groupe Erasmus+ ?
De 2 à 30 jours, avec au moins deux élèves, accompagnés d’enseignants pendant tout le séjour.

Quand déposer une demande Erasmus+ pour un projet scolaire ?
Les échéances 2026 sont passées (19 février, 29 septembre, 1er octobre pour les seconds tours). L’appel 2027 est prévu en novembre 2026.

Que se passe-t-il une fois le financement Erasmus+ obtenu ?
L’école sélectionne les participants par un appel interne, les prépare au séjour, réalise la mobilité, puis assure le suivi, l’évaluation et le rapport final pour l’Agence nationale.

Le PCTO existe-t-il encore en Italie ?
Le nom a changé : depuis 2025/26, on parle de Formazione Scuola-Lavoro (FSL). Les heures minimales restent de 90 (licei), 150 (tecnici) et 210 (professionali).

Les aides des régions françaises concernent-elles les écoles étrangères ?
En pratique non : elles soutiennent les établissements français. Les écoles étrangères se tournent vers l’Agence nationale Erasmus+ de leur pays et vers leur ministère.

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